Actions organisées

Action : Courriers à envoyer aux Ministres

L’objectif fondateur de l’Organisation Internationale du Travail est l’instauration de la paix. Celle-ci ne peut en effet n’être pensée que sur la base de la justice sociale. Paix et justice sont indissociables. Travailler à la justice sociale, c’est travailler à la paix. C’est pourquoi l’OIT souligne que « la réalisation des conditions permettant d’aboutir à ce résultat doit constituer le but central de toute politique nationale et internationale ».

Le lien intrinsèque entre la justice sociale et la paix rappelle que toutes les agences des Nations Unies poursuivent cet unique but : l’instauration des conditions propices à l’émergence d’une paix véritable et durable. L’ONU le stipule clairement, les causes fondamentales de la violence sont d’ordres socio-économiques. Ce sont sur elles qu’il faut concentrer tous les moyens d’action. Ces causes sont la pauvreté, les maladies infectieuses (un tiers de la mortalité dans le monde et près de la moitié des décès dans les pays dits en développement) et la dégradation de l’environnement. Travailler à éradiquer ces causes, c’est travailler à la paix. Rappelons ici que seuls 5% des dépenses militaires mondiales annuelles auraient pourtant permis d’atteindre les objectifs du millénaire pour le développement proposés en 2000 par les Nations-Unies « pour contrer la pauvreté, la faim et la maladie ».

Que l’on observe la scène internationale ou que l’on se place dans la réalité belge, la logique reste la même : la paix sociale que les organisations de la société civile défendent n’est pas autre chose : si l’on veut la paix, si l’on veut contrer la violence, il faut travailler à élargir les conditions de la justice sociale pour tous. Il faut viser à ce que le plus grand nombre puisse se prémunir contre le besoin et soit protégé des aléas plus ou moins brutaux du quotidien.

L’austérité budgétaire, refrain répété par les gouvernements depuis le début de la crise économique, attaque frontalement ce travail à la paix.

Pas une semaine ne se passe sans que le gouvernement n’annonce une politique d’économie et d’austérité. Rien qu’en 2017, près d’un milliard d’euros a été retiré du budget des soins de santé ! Tous les services publics subissent ces coupes répétées et aucune politique de relance n’est proposée « faute de moyens » : la justice, la sécurité sociale, la SNCB, la lutte contre la pauvreté, les budgets pour la transition énergétique et la lutte contre le réchauffement climatique ou encore la solidarité internationale et l’aide au développement. Pour tous ces budgets, nous dit le gouvernement, il n’y a plus d’argent…

Pourtant, de l’argent, il y en a. Et celui-là, le gouvernement semble vouloir le jeter par les fenêtres. Ainsi, en septembre 2014, le gouvernement s’engage lors d’un sommet de l’OTAN à augmenter son budget militaire à 2% du PIB belge à l’horizon 2030 (nous sommes à 0,9% actuellement… un taux déjà plus élevé que celui de la justice belge qui plafonne à 0,7% du PIB…). Parallèlement, le gouvernement annonçait un plan total d’investissement dans l’acquisition de matériel militaire pour 9,2 milliards d’euros. Parmi celle-ci, le gouvernement entend s’engager sous cette législature, dans l’achat de 34 avions chasseurs-bombardiers pour un coût de 3,6 milliards. 575€ par contribuable belge. Si l’on rajoute les frais de maintenance et de formation, le coût total de ce contrat sera de minimum 15 milliards d’euros.

Contre les besoins criants des populations, contre les services de base et le fonctionnement sain de notre démocratie, contre la justice sociale, contre le combat nécessaire contre les dérèglements climatiques et la dégradation de l’environnement, le gouvernement fixe manifestement une priorité : une politique extérieure militarisée.

Pour dénoncer ce « marché du siècle » qu’est le remplacement des avions de combat F16 de l’armée belge (qui ont en outre la capacité de transporter les bombes nucléaires stationnées dans le Limbourg, sur la base militaire de Kleine Brogel), plusieurs associations du mouvement de la paix dont la CNAPD ont lancé en 2014, une plateforme nationale « Pas d’avions de chasse – Geen gevechtsvliegtuigen ». Elle réunit aujourd’hui 130 associations belges, dont le MOC.

Depuis le mois de janvier, et dans l’optique d’élargir toujours plus l’opposition politique et citoyenne à cet achat inutile et contre-productif,  la plateforme a lancé une nouvelle campagne visuelle qui veut prolonger cette opposition entre dépenses militaires et dépenses pour la paix et la sécurité. Cette nouvelle campagne s’appuie sur les six compétences fédérales citées plus haut. Cette campagne propose à chacun d’envoyer un courrier aux différents ministres compétents pour leur exprimer son indignation et pour leur signaler qu’il faut plus que jamais désarmer pour développer.